La commune de Jehay-Bodegnée


En 1822, la commune de Jehay fut réunie à celle de Bodegnée pour former le village de Jehay-Bodegnée.
La fusion des deux communes n’a pas été sans créer des difficultés entre la communauté des deux villages, spécialement au sujet de l’établissement de la maison communale ; les habitants de Bodegnée arguaient du siège du chef-lieu de canton situé anciennement sur leur territoire.
Ce n’est qu’en 1889 que les travaux pour la construction d’un bâtiment communal sont entrepris :
- un local pour la Justice de Paix avec salle d’audience, cabinet du juge, une place pour le dépôt des archives et une salle réservée aux témoins ;
- une salle communale, un local pour le secrétaire et le dépôt des archives.




Ancienne Justice de Paix de Jehay-Bodegnée

Quelques photos anciennes...


Dès cette époque, il y eut trois écoles à Jehay-Bodegnée, dont deux à Jehay : l’école des garçons, construite en 1862, l’école des filles et l’école mixte à Bodegnée, construite en 1877.
L’école des filles de Jehay avait été créée par les soins de la comtesse van den Steen et se trouvait près de la drève du château, rue Saule Gaillard, dans des locaux lui appartenant.

A la fin du XVIIIème siècle, il devait y avoir environ 800 habitants à Jehay-Bodegnée, dont 500 à Jehay et 300 à Bodegnée. La population a rapidement augmenté jusqu’en 1900 puis a régressé. Cette diminution est due en partie à la diminution des naissances pendant la guerre de 1914-1918, mais aussi à l’évolution qui poussait les gens des campagnes vers les villes industrielles.
Ce n’est que depuis 1960 que la population reprend une progression lente pour atteindre actuellement un bon millier d’habitants.
Les bourgmestres qui se sont succédés à la gestion de la commune de Jehay-Bodegnée furent : Hubert Niset, de Bodegnée (1901 – 1904), le comte Pierre de Liedekerke qui habitait le château de Jehay (1905 – 1925), Georges Niset (1926 – 1929), Gustave Robert (1930 – 1941), Lucien Demaret, de Bodegnée (1942 – 1944), Joseph Rosmeulen, de Jehay (1945 – 1952), Albert Pirson (1953 – 1965), Julien Melin, de Jehay (1966 – 1968) et Robert Praillet de 1969 jusqu’à la fusion des communes en 1976.
Gaston Delhaye fut le dernier garde-champêtre de Jehay-Bodegnée.


 
   En haut à gauche
Georges Niset, à sa droite
Gustave Robert et en bas
à gauche Gaston Delhaye

Au 19ème siècle, de nombreux Jehaytois allaient travailler dans les industries installées dans la vallée de la Meuse.
S’ils n’entamaient pas d’études secondaires ou supérieures, les enfants travaillaient dès l’âge de 14 ans, à l’usine ou au service d’un particulier.
A 14 ans donc, Gaston travaillait à Cockerill. Il partait à pied avec les hommes ; en hiver, il marchait derrière eux pour se protéger du vent froid.

Après leur journée de travail, ils entretenaient leur potager et soignaient la basse-cour ainsi qu’une vache ou un cochon qui permettaient de nourrir leur famille.
Le village de Jehay a gardé cette physionomie caractéristique des petites maisons alignées et dispersées dans les prairies plantées d’arbres fruitiers et de peupliers.



Nestor raconte qu’auparavant, les gens construisaient eux-mêmes leur maison.
A cette époque, tout le monde travaillait encore le samedi. Et le dimanche, on se réunissait avec les voisins, la famille.
On faisait les briques sur place avec les terres argileuses extraites pour les caves.
Ca polluait un peu…
C’est ce qui explique les briques si irrégulières et de couleur foncée des habitations anciennes.
Elles avaient un format très allongé, mesurant 24/12/6 cm.
Renommés jusqu’en Russie, les briquetiers d’Amay venaient coordonner le chantier.
Il y en avait toujours bien un qui chantait. On mangeait ensemble.
On bâtissait al corwèle.
Et la semaine suivante, on travaillait chez quelqu’un d’autre, c’était toujours une fête.